Neuf Telecom et Cegetel viennent d'obtenir le feu vert des autorités de la concurrence pour former une seule et même entreprise. Un conseil d'administration devrait se tenir la semaine du 22 août pour entériner la nomination des dirigeants du futur ensemble. Jacques Veyrat, qui se trouve pour l'heure à la tête de Neuf Telecom, sera le président de Neuf Cegetel et François Paulin, son actuel bras droit, deviendra directeur général. Aucun membre de Cegetel ne devrait faire partie du premier cercle des collaborateurs de Jacques Veyrat. Selon ce dernier, la période transitoire entre le 11 mai dernier, date de l'annonce du rapprochement, et la mi-août, date du bouclage de l'opération, a fait la preuve que le mariage entre les deux équipes de direction était délicat à orchestrer. «Il est difficile d'assister impuissant aux dépenses de Cegetel engagées pendant ces trois mois dans l'achat de matériel associé à de lourds contrats de maintenance ou encore à ses investissements dans la télévision par ADSL, inutiles puisque Neuf a déjà commercialisé ce type de service», confie Jacques Veyrat au Figaro Economie.
Avec l'accord formel des autorités de la concurrence, le premier opérateur alternatif voit officiellement le jour. Il est certes dix fois plus petit que France Télécom. En effet, Neuf Cegetel pèsera 2,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires alors que l'opérateur historique en totalise 19 milliards. Neuf Cegetel, dont le nom subsistera pendant quelques mois, va couvrir 70% du territoire. Il sera le premier acteur alternatif sur le marché des entreprises avec 16% de parts de marché alors qu'ensemble tous les autres ne représentent que 9% de parts de marché. Dès le mois de septembre, le nouveau groupe devrait faire le ménage dans son portefeuille de marques. Il s'appuiera sur leur notoriété par segment de marché : Neuf est plus populaire auprès du grand public, le sérieux de Cegetel rassure les entreprises... D'ici à la fin de l'année, Neuf Cegetel devrait aussi bâtir une offre de téléphonie mobile grâce à l'accord de «MVNO» (opérateur virtuel) conclu avec SFR.
Mais cette fusion aura aussi des répercussions sur l'emploi. Un plan de départs volontaires a été lancé. Il prévoit de verser près de deux ans de salaire aux collaborateurs qui quitteront l'une ou l'autre entreprise. Jacques Veyrat espère que plus de 800 personnes, sur un total de 3 800, quitteront l'entreprise à cette occasion. «Nous avons intérêt à nous alléger au maximum», estime-t-il, tout en ajoutant prudemment que, s'«il y a peu de candidats au départ, personne ne les forcera».
Début 2007, la société devrait être introduite en Bourse. «Les actionnaires minoritaires (Suez, Credit Suisse First Boston, Belgacom, Wendel...), qui représentent 44% du capital, le souhaitent. A cette occasion, ceux qui veulent céder leur participation pourront le faire», ajoute Jacques Veyrat. Il est aussi possible que l'un des deux actionnaires de référence, le groupe Louis Dreyfus et SFR – qui détiennent chacun 28% du capital de Neuf Cegetel –, cherche à faire évoluer sa participation. L'harmonieuse photo de famille présentée lors du projet de rapprochement aura probablement changé d'ici là.
http://www.lefigaro.fr/finances/20050813.FIG0048.html?215354

